La viande et ses enjeux

Au lendemain de la conférence environnementale du gouvernement, qui a eu lieu le 27 et le 28 novembre, il est intéressant de constater qu’un important facteur de pollution à l’échelle nationale et mondiale a été soigneusement laissé de côté : l'élevage.

La viande est en effet la première pollueuse du monde de par ses conditions de production, et les habitudes de consommation des pays occidentaux ne sont pas étrangères à cet état de fait.

 

Une consommation effrénée

 

Pour produire de la viande, il faut élever des animaux – jusqu’ici tout le monde est d’accord. Cet élevage, très majoritairement intensif, pollue plus à lui tout seul que tous les moyens de transports du monde réunis : il faut compter les engrais chimiques qui servent à faire pousser les tonnes de céréales destinées à nourrir les bêtes et qui dégagent de l’azote, le gaz carbonique de la nourriture et du transport des bêtes, le méthane tristement célèbre des pets des vaches ainsi que la fermentation des déjections animales, qui polluent allègrement les sols.

 

 

Synonyme d’aisance financière, la consommation de viande a augmenté de manière exponentielle pour les pays occidentaux ces dernières décennies, et les pays en développement suivent ce même schéma. Pour nous, la viande n’est plus un mets de luxe qu’on s’offre de temps en temps : elle est présente à tous les repas, tous les jours de la semaine.

 

L’Europe et les Etats-Unis consomment à eux seuls 34% de la viande produite dans le monde (FranceAgriMer, d’après FAO), avec entre 90 kg de viande par an et par habitant pour l’Europe, et 120 kg pour les Etats-Unis. Dans ces conditions, il est illusoire de s’attendre à une amélioration des conditions de production d’une denrée que tout le monde s’arrache, et pour laquelle plus personne n’est prêt à payer le prix fort.

 

 

Un gaspillage à grande échelle

 

Pour pouvoir consommer de la viande, il faut élever des animaux, et les animaux, ça mange. Les animaux que nous consommons (bovins, ovins, porcins, volailles) consomment en majorité des céréales et du soja – ne vous imaginez pas que tous les bœufs du monde s’ébrouent joyeusement dans des prés ensoleillés – et pour produire un kilo de bœuf, il faut produire en amont environ 7 kilos de céréales. Ce n’est pas le pire ! Pour ce même kilo de bœuf, il faudra utiliser l’équivalent en eau d’une année entière de votre douche matinale (15 tonnes d’eau). Il faut en effet faire pousser toutes ces plantes, qui ne nourriront pas d’humains, puis abreuver toutes ces bêtes, et enfin, nettoyer sur leur passage. Actuellement, l’industrie de la viande effectue 70% des prélèvements de l’eau dans le monde.

 

 

Dans un contexte où 1 personne sur 9 souffre de la faim dans le monde, et 13% de la population n’a pas accès à l’eau salubre, on aurait raison de trouver complètement aberrant de dépenser 15 tonnes d’eau et 7 kilos de céréales pour un rôti… qui ne nourrit d’ailleurs que les gens des pays riches. Non contente de gaspiller les ressources mondiales d’eau et de céréales, l’industrie de la viande nourrit les riches au détriment des plus pauvres.

 

 

pas si bon pour la santé

 

Si on a l’habitude de manger de la viande midi et soir et qu’on nous a souvent rabattu les oreilles avec ses qualités nutritionnelles, il faut savoir qu’en réalité, la viande n’est pas la meilleure alliée de la santé humaine.

 

Il est assez curieux de constater que dans certains pays, aux habitudes alimentaires radicalement différentes des nôtres, certaines maladies qui sont courantes par chez nous n’existent quasiment pas. C’est le cas par exemple du cancer de la prostate, ou du sein : ils sont très fréquents en Occident, et sont rares en Asie. Le docteur David Servan-Schreiber, auteur du livre Anticancer, remarque également que l’explosion des cancers dans nos contrées coïncide avec la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Consommation de plus en plus généralisée de produits d’origine animale, de sucres et utilisation massive de pesticides marquent également cette période.

 

Le Rapport Campbell, (The China Study en version originale) une étude colossale menée sur plus de 20 ans, établit le même constat. La consommation massive que l’Occident fait des produits d’origine animale a provoqué la généralisation des cancers, du diabète et de l’obésité. « Les maladies de la prospérité », comme les appelle T. Colin Campbell. En continuant à manger autant de viande qu’on le fait actuellement, on s’expose à une dégradation certaine de notre santé, par le biais de maladies cardiovasculaires, de l’arthrite, de l’hypertension…

 

 

Viande, pesticides et OGM

 

La viande que nous consommons chaque jour est également chargée en pesticides et en OGM. Il est estimé que 55% des pesticides que nous ingérons viendraient de la viande car en se trouvant à la fin de la chaîne alimentaire, la viande accumule plus de substances toxiques et se trouve hautement contaminée. Etonnamment, on trouve également des OGM dans la viande ! En effet, la réglementation française n’oblige pas à faire apparaître ces informations sur les emballages. Si les cultures OGM sont interdites en France, la consommation d’aliments transgéniques se fait de manière indirecte, par le biais de farines de soja et de maïs venues d’outre-Atlantique.

 

Ajoutez aux pesticides, dont l’organisme animal n’arrive pas à se débarrasser, et à ces OGM les résidus des produits vétérinaires utilisés pour maintenir les bêtes en relative bonne santé : vous obtenez un cocktail douteux aux conséquences sanitaires et environnementales encore mal mesurées.

 

 

La solution : changer nos habitudes de consommation

 

Aujourd’hui, il est largement reconnu que la réduction de la consommation de viande est une nécessité, tant sur le plan environnemental que pour la santé individuelle. La première étape est de privilégier la qualité à la quantité : il est préférable de consommer de la viande bio en direct du producteur une ou deux fois par semaine plutôt que des saucisses industrielles tous les jours.

 

Pour diminuer sa consommation de viance, de nombreuses initiatives fleurissent partout dans le monde. La campagne internationale Meatless Monday propose des ressources pour ne pas manger de viande les lundis. En 2009, la ville de Gand, en Belgique, est la première ville au monde à instaurer officiellement un Jeudi Veggie, tandis qu’en 2010, San Francisco déclare que les lundis sont des « Vegetarian Days ».

 

En France, une première campagne lancée par l’Association Végétarienne de France reprenait le concept du Jeudi Veggie belge. Actuellement, vous pouvez vous lancer dans l’aventure « Un jour végétarien par semaine » avec la campagne 1, 2, 3 Veggie ! C’est l’occasion de découvrir une cuisine végétale, savoureuse et colorée, tout en réduisant notre impact sur l’environnement et en prenant soin de notre santé. Ce serait dommage de s’en priver…

 

 

Quelques ressources responsables

 

- Le site de l’AVF

- Un extrait du documentaire La Santé dans l'Assiette

- Le site viande.info sur l'impact de la viande

- Des recettes et des conseils sur 100% VégétalPIGUTLili's Kitchen et Antigone XXI

 

Pauline (son blog Une Jeune Idiote)