La coupe menstruelle, l’alternative santé aux tampons et serviettes

Lorsqu'il s'agit de menstruations, on s’imagine qu’on n’a pas vraiment le choix. Serviettes hygiéniques et tampons avec ou sans applicateurs, voilà le paysage que la publicité – et les femmes autour de nous, du coup – nous propose. Sans se soucier réellement des dommages collatéraux que causent ces deux types de protections intimes, évidemment.

Peut-être n’avez-vous jamais entendu parler de la coupe menstruelle (ou cup) avant aujourd’hui. Mais avant de vous parler de ce petit objet révolutionnaire, penchons-nous sur ces protections que la majorité des femmes réglées utilisent au moins une fois par mois.

 

 

Ce que cachent vos tampons et serviettes

Apparues au début du XXème siècle, les serviettes hygiéniques jetables sont une révolution. Plus besoin de se casser la tête à laver des linges chaque mois, cette invention est à la femme ce que la couche jetable est au bébé. Mais pour permettre une absorption maximale, on retrouve dans les serviettes des gels « super-absorbants », comme du polyacrylate de sodium (également présents dans les couches jetables, d’ailleurs), un polymère qui absorbe jusqu’à huit cent fois son poids en liquide. Ce petit polymère sympa se retrouve aussi dans les sachets qui absorbent l’humidité, ceux qu’on vous déconseille très fortement d’ingérer.
Mais il y a également au menu des tampons et serviettes des résidus d’aluminium, des alcools (mmh sympa pour vos petites muqueuses fragiles !), des hydrocarbures (!!) et des pesticides. Pour blanchir les fibres des tampons (composés d’un mélange de coton, cultivé avec tout plein de pesticides, et de viscose), on utilise du chlore, qui laisse des résidus de dioxines, considérées par l’OMS comme des polluants organiques persistants et « très toxiques, [pouvant] provoquer des problèmes au niveau de la procréation, du développement, léser le système immunitaire, interférer avec le système hormonal et causer des cancers ».

 

Une industrie ultra polluante

Tout ça, par contre, vous ne le retrouverez jamais sur les paquets de vos protections préférées. L’industrie des protections jetables a su se rendre indispensable en monopolisant toutes les pubs, faisant au passage croire aux femmes qu’en période de règles, elles dégagent forcément une odeur repoussante, ce qui n’est pas exactement le cas. C’est en fait l’accumulation de produits toxiques dans les protections, ainsi que le sang laissé à l’air libre dans le cas de la serviette et qui s’oxyde, qui produit une odeur peu agréable.

 

Ces produits jetables sont également responsable d’une pollution à l’échelle globale, autant à la fabrication qu’à l’élimination. Qu’elles soient jetés dans les toilettes, ou mises à la poubelle pour être incinérées, ou enterrées dans les décharges les protections intimes sont loin d’être biodégradables et contribuent activement à la pollution des eaux, de l’atmosphère, et même des sols.

 

La coupe menstruelle : pourquoi c’est mieux ?

 

La coupe menstruelle est un petit récipient en silicone médical qui recueille le sang des règles. Réutilisable pendant dix ans, elle peut être gardée en place jusqu’à douze heures consécutives, doit être rincée avant d’être réinsérée, et stérilisée entre deux cycles.
La cup permet de réduire à quasiment zéro les désagréments habituellement rencontrés avec l’utilisation de protections hygiéniques traditionnelles. En plus d’être absolument non-toxique pour la santé, son utilisation au quotidien n’est presque pas polluante. C’est une des alternatives les plus pratiques et green pour faire face aux périodes de règles en toute sérénité.

Enfin en paix avec vos règles

Finies les mauvaises odeurs : le sang est protégé par la cup, qui forme une ventouse dans le vagin et empêche l’air de passer. Le sang ne s’oxyde pas, reste fluide, en gros : ce n’est pas sale. Plus besoin non plus de prévoir à l’avance combien de serviettes et de tampons seront nécessaires pour survivre à la journée ou pire ! à un voyage ! (malheureuses, ne saviez-vous pas qu’en cas de menstrues vous ne pouviez pas quitter votre cuisine ?!) Vous n’avez besoin que de votre cup : le risque de fuites est carrément amoindri, et vous pouvez même dormir toute nue… Le grand luxe, voyez-vous. La cup étant constituée à 100% de silicone médical, les bactéries ne peuvent pas se développer (il ne faut quand même pas oublier de bien nettoyer régulièrement votre cup pour enlever les potentiels résidus) et vous dites adieu aux aluminiums, alcools et chlore qui vous abîmaient joyeusement la flore vaginale, et constituaient une véritable boîte de Petri pour les microbes. Et donc les mauvaises odeurs, aussi.

 

Gardez vos sous dans votre portefeuille

 

La coupe menstruelle est également très économique – décidément, elle a tout pour plaire ! Faisons un rapide calcul : pour mademoiselle X., malheureuse sujette à un flux plutôt abondant, comptons pour 1 boîte de tampons à 2,90€, ainsi que 1 boîte de serviettes à 2,10€ (pour la nuit) (vous savez, les couches super absorbantes qui détruisent votre libido en même temps que votre estime de vous ?). On en arrive à un coût de 5€ par période de règles. Multiplions tout ça par les 8 ans qui se sont écoulés depuis que mademoiselle X. est réglée, à raison de 12 périodes par an.

 

5 × 12 × 8 = 480 €

 

Mademoiselle X. a donc dépensé 480€ depuis qu’elle a ses règles. Alors qu’une cup coûte entre 25 et 35€. Pour dix ans. Mademoiselle X. est très mécontente de s’être fait enfumer par l’industrie des serviettes Cracra™ et des tampons Beurk™, et elle court commander sa coupe menstruelle dès maintenant. Genre, tout de suite.

 

Polluez moins en préservant votre santé

Pour finir, il faut bien avouer que si le processus de fabrication des coupes menstruelles est un peu polluant (comme à peu près tous les processus de fabrication de tous les trucs de la Terre), vous ne polluez ensuite plus pendant. Dix. Ans. Dix ans de tranquillité écolo et économique, à bichonner votre flore vaginale et à danser le tango pendant vos règles. C’est pas beau la vie ?

 

Bon à savoir

Il existe plusieurs marques de coupes menstruelles, plusieurs tailles et plusieurs contenances. La Fleurcup est à ce jour la seule coupe menstruelle entièrement fabriquée en France, ce qui réduit la pollution liée au transport, yeay ! Vous pouvez également trouver des cups colorées ou à paillettes, car après tout, vous avez aussi le droit d’être à la mode de l’intérieur. 

Pour utiliser la coupe menstruelle, il vaut mieux être à l’aise avec son corps. C’est un objet plus petit qu’une paume de main, qu’on insère dans le vagin, et qu’il faut venir ensuite pincer avec deux doigts pour annuler l’effet ventouse et pouvoir la retirer. Cela peut demander un peu d’entraînement, mais contrairement aux tampons, on peut mettre une cup sans avoir ses règles : on peut donc s’entraîner avant le jour J, pour être au top !

 

EDIT : En effet, il est tout à fait possible d'insérer la cup - avec ses différents pliages - sans les règles,si on la retire tout de suite après les essais et qu'on la passe sous l'eau pour que ça glisse mieux en l'absence de lubrification naturelle par le sang ou les sécrétions vaginales.

Si vous avez un flux abondant, il sera peut-être nécessaire de vider votre cup plusieurs fois par jour. (ce qui se fait dans un évier ou dans les toilettes). Dans ce cas, vous n’aurez peut-être pas envie de vous ramener devant les lavabos des toilettes de l’entreprise avec votre cup ensanglantée, de croiser Marie-Christine et vous échanger vos recettes de purée-carottes pendant que vous passez votre coupe menstruelle sous l’eau. Vous pouvez donc vous contenter de l’essuyer avec du papier toilette à l’abri des regards indiscrets, si vous n’oubliez pas de la laver soigneusement avec du savon doux tous les soirs.

 

Liens utiles
www.easycup.fr, le site français des utilisatrices de coupes menstruelles, qui compare les marques, les tailles, et conseille les débutantes avec un forum très complet.

 

 

Bonus : la vidéo de Madmoizelle sur la cup

 

 

Alors, qui saute le pas ?

 

Pauline (son blog Une Jeune Idiote)